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Sophie G. Winner – ALE2100 – Tome 1

ale2100Imaginez les jeux vidéo de 2025. Vous branchez votre casque, et hop, vous voilà immédiatement immergé dans des mondes virtuels incroyables. L’interface est parfaitement fluide : plus besoin de clavier, de souris, de manette, tout est piloté par la pensée.

Ce futur possible, c’est le quotidien de Lola, jeune étudiante à l’aise dans ses baskets. Quand on lui propose de participer au test d’un jeu d’un genre nouveau, avec la promesse d’un joli pactole pour l’équipe gagnante, elle ne peut pas refuser. Surtout qu’elle aimerait bien avoir un peu d’argent pour pouvoir voyager sur les traces de son père…

Elle découvre donc ALE2100, où la principale nouveauté est le réalisme de toutes les sensations : chaud, froid, mouillé, douleur, etc. L’environnement est celui de la Terre en 2100. Enfin, la Terre en 2100, imaginée par les concepteurs du jeu en fonction d’un es scénarios possibles de l’évolution de notre planète, et pas un des plus optimistes.

À travers les différents tableaux, Lola, et le lecteur avec elle, découvre les conséquences possibles des comportements humains d’aujourd’hui à l’échelle d’un siècle. On a beau savoir que le futur ne sera pas forcément rose, ça fait parfois froid dans le dos, et nous amène à réfléchir au futur que l’on souhaite pour nos enfants…

Malgré quelques rares maladresses vite oubliées, le livre nous emporte à un rythme soutenu, l’auteur nous tient en haleine pendant plus de 600 pages avec plusieurs intrigues qui s’entremêlent : dans la vie réelle, Lola vit avec Lucas une relation qu’elle voudrait un peu plus profonde (qu’elle se le dise ou non). Son quotidien dans sa famille recomposée est plutôt agréable, mais l’absence du père est un réel poids. Dans ALE, un mystérieux personnage fait son apparition, il est coincé dans le jeu. Et si Lola allait chercher à le délivrer ?

Au croisement des genres, à la fois roman d’aventures et dystopie, ALE2100 est un livre qui pousse le lecteur à se poser des questions sur ce qu’est devenu le monde aujourd’hui, et sur ce qu’il pourrait devenir. On peut être d’accord ou pas avec ce qu’elle pense, avec la façon dont elle perçoit et juge les choses, mais on ne reste pas indifférent.

En tous cas, on souhaite à l’auteure tout le succès qu’elle peut espérer !

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Timothée de Fombelle – Tobie Lolness

tobieTobie est un garçon de 13 ans pas tout à fait comme les autres… il mesure un millimètre et demi !

A travers ses aventures dans l’Arbre qui ne lui laissent pas un moment de répit, Timothée de Fombelle dresse un portrait sombre, mais réaliste, et où l’espoir a toujours sa place, de notre monde à nous, humains d’un mètre et demi (ou un peu plus, ou un peu moins…)

Ce livre, bien souvent classé dans la catégorie « jeunesse », est à mettre entre toutes les mains, que l’on soit un jeune de 10 ans, un encore jeune de 40 ou un toujours jeune de 90 ! De même, il ne faut pas s’arrêter au classement dans la catégorie « fantastique » qui pourrait rebuter certains lecteurs (moi la première !) Si on voulait absolument faire rentrer Tobie Lolness dans une case, il faudrait le classer comme roman d’aventures, mais là aussi, ce serait amputer le livre de toute une partie de sa portée.

Je l’ai dévoré plus que je ne l’ai lu. La langue est délicieuse, les personnages ont une réelle épaisseur, ils sont attachants ou repoussants mais ne laissent jamais le lecteur indifférent, et l’amènent à se poser des questions essentielles pour l’avenir de l’humanité. A lire absolument !

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Hervé Heurtebise – Journal d’un proctologue et autres nouvelles

journal-d-un-proctologue-et-autres-nouvelles-3952083Décalé. C’est le premier mot qui vient à l’esprit à la vue du titre étonnant de ce recueil de 3 nouvelles. Dans la première d’entre elles, Journal d’un proctologue, la lecture des premières pages confirme avec bonheur cette première impression. Extrait :

On devient proctologue par hasard, je ne connais pas un enfant qui voudrait le devenir une fois devenu adulte. J’imagine d’ici la scène du bambin annonçant à ses parents :
« Moi, quand je serai grand, je veux être proctologue !
— Tu veux être quoi ? ! ?
— J’veux être proctologue, j’veux que les gens s’agenouillent devant moi et moi, je leur mettrai des doigts dans le trou des fesses ! »

Mais si l’humour est présent tout au long du livre, il est tour à tour léger, moqueur, cynique voir carrément noir dans les épreuves les plus rudes. Et cet humour, très agréable à la lecture, sait aussi se mettre au service de thématiques fort sérieuses : la peur de vieillir, les désillusions du mariage, l’amour malgré tout, l’amitié, la maladie, la mort. Cependant, pour le narrateur, deux choses sont au-dessus de tout cela : sa fille et ses patients. Là, le ton se fait plus tendre, et le personnage qui peut parfois apparaitre comme « blasé, cynique et drôle » retrouve alors toute son humanité.

L’écriture est toujours souple et fluide, fine et incisive, et la forme du journal permet à l’auteur de varier habilement la longueur des anecdotes et des réflexions. Certains diront que certaines digressions font perdre le fil, je les trouve quant à moi tout à fait savoureuses ! À la première lecture de ce livre il y a quelques mois, je m’étais simplement posée la question de la nécessité de la deuxième partie, intitulée « Journal d’hospitalisation ». À la relecture, je la trouve finalement absolument indispensable, par la profondeur qu’elle apporte à la nouvelle : au bout du compte, lorsque nous sommes rattrapés par notre propre condition, que reste-t-il sinon l’amour et l’amitié ?

Le sport

« Franchement, le sport ça ne sert à rien, sauf à ne pas être essoufflé dans les déménagements. » Dans une société où les vertus positives du sport sont communément admises, le point de vue d’un sous-doué à qui arrivent tous les malheurs du monde. D’abord drôle, ensuite grinçant, finalement triste, ça m’a rappelé la fois où j’ai cassé mes lunettes au cheval d’arçon au collège… Heureusement que mes déboires se sont arrêtés là ! Et depuis, je porte des lentilles, c’est moins risqué 😉

Journal d’une Éreutophobe

J’ai volontairement repris ici le sous-titre de la troisième nouvelle. Éreutophobe ? Kesako ? Ce court récit est l’occasion de découvrir le sens de ce mot au travers d’une histoire touchante qui commence mal mais finit bien !

Une fois qu’on a découvert cet auteur talentueux, on en redemande ! Mais il va falloir faire preuve d’un peu de patience : ses prochaines publications sont prévues en novembre 2014, avec une participation à un recueil de nouvelles collaboratif (éditions Hélène Jacob), puis début 2016 pour un prochain ouvrage.

Le lien éditeur : Hervé Heurtebise – Journal d’un proctologue et autres nouvelles
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David Forrest – B.U.G

b.u.g.-457396-250-400Résumé : En 2012, une équipe de chercheurs de Harvard annonce avoir encodé un livre dans de l’ADN synthétisé. Dix ans plus tard, le stockage ADN s’est démocratisé, balayant toutes les autres solutions de stockage. En 2025, quelque chose en émerge.

Cette courte nouvelle (je l’ai lue en un quart d’heure avec beaucoup de plaisir) va bien au-delà de la « simple » prouesse technologique du stockage ADN, qui n’est finalement qu’un prétexte pour esquisser une réflexion beaucoup plus profonde sur l’avenir de l’humanité. Excusez du peu !

Évidemment, en 26 pages, il est difficile de creuser le sujet. On est libre d’adhérer ou de ne pas adhérer aux thèses présentées, mais ce petit livre a le mérite de nous rappeler que nous sommes à la veille de bouleversements irréversibles à l’échelle planétaire (s’ils n’ont pas déjà commencé !), et qu’à force de se dire que « nos enfants trouveront la solution », personne ne commence vraiment à en chercher une.

Une fois ce constat fait, on peut se dire comme certains « à quoi bon ? », « l’humanité vaut-elle la peine d’être sauvée ? » ou au contraire prendre dès aujourd’hui des décisions pour garantir à notre descendance un futur moins sombre.

Je n’ai que peu de certitudes sur ces sujets, il est souvent difficile de savoir qui croire, on peut lire tout et son contraire. Ce qui est évident, c’est que l’humanité souffre aujourd’hui de certains de ses propres choix et que dans plusieurs millions d’années la Terre tournera toujours autour du Soleil, avec ou sans hommes. À nous de voir ce qu’on souhaite entre temps pour nos enfants, les enfants de nos enfants, les enfants des enfants de nos enfants…

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