Sébastien Chevrey – Le tueur des séries

IP2Dans ma série d’articles sur Sébastien Chevrey, je vous présente aujourd’hui le deuxième tome des aventures de l’inspecteur Poivrot, « Le tueur des séries ».

Ce livre est aussi agréable à lire que le premier de la série (Le cadavre était mort). On retrouve avec bonheur dans cet épisode les mêmes ingrédients qui ont fait la réussite du premier : humour, critique du genre policier, auto-critique en temps réel. Ce qui ajoute du sel ici, ce sont les références, sur lesquelles est basée l’intrigue.

Si je vous dis : Las Vegas, Miami, Manhattan, vous me dites…

Si je vous dis : train, Agatha Christie, vous me dites…

A vos claviers 🙂

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Juliette Clairmont – Été anglais (tome 1)

ete-anglais-900x600Je n’avais encore pas posté sur ce blog de chronique sur un livre érotique. Non pas que je considère la littérature sentimentale ou érotique comme un sous-genre, mais les quelques livres de ce genre que je me suis essayée à lire ne m’ont jamais accrochée. Un milliardaire séduisant et une jeune secrétaire effarouchée ? Des pratiques de soumission/domination ? Un contexte pseudo-historique qui s’installe pendant des pages et des pages sans la moindre scène croustillante ? Très peu pour moi… Et il faut bien dire qu’il est difficile de trouver autre chose que cela quand on épluche les catalogues.

Mais j’ai découvert il y a quelques jours sur facebook une jeune auteure qui vient de publier son premier livre, et elle m’a fait changer d’avis sur la question. Je veux parler de Juliette Clairmont, et de sa série érotique « Été anglais ».

Ici, pas de fouet ni de menottes, pas de séducteur richissime, mais des êtres humains comme vous et moi, qui vivent pleinement leur sexualité. Je vous livre le résumé de l’auteure :

Et si un échange de maisons ne conduisait pas seulement à découvrir un autre pays, mais aussi d’autres plaisirs ? Quand Annabelle et Victor s’installent dans le cottage anglais d’Helen et Peter, ils peuvent enfin profiter d’un temps sans enfants pour se retrouver avec délices. Mais, à un moment pas tout à fait opportun, ils font la rencontre de May et Harrison.
Les premiers contacts avec ce couple chaleureux et sensuel sèment le trouble chez Annabelle et Victor, qui sait où les désirs des uns et des autres vont emporter les deux couples ?

Le style est simple et fluide, les pensées des personnages font habilement prendre la sauce, et les scènes érotiques, sans être torrides, sont très excitantes ! La seule chose que l’on peut regretter, même si l’on sait que ce n’est que le premier tome d’une série : c’est un peu court. Mais comme l’histoire est bien menée, on n’en tient pas rigueur à l’auteure. Je vous le recommande donc, d’autant plus que le livre est en promo gratuite tout le weekend du 13-14 septembre !

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Sébastien Chevrey – Le cadavre était mort

IP1J’ai passé un si bon moment à la lecture du « Livre Parfait » de Sébastien Chevrey il y a quelques jours que je me suis empressée d’aller visiter son site, pour voir s’il avait publié d’autres livres.

Quelle bonne surprise de découvrir plusieurs séries de nouvelles qui avaient l’air toutes aussi alléchantes les unes que les autres ! J’ai choisi de commencer par les aventures de l’inspecteur Poivrot, dont le premier volume s’intitule « Le cadavre était mort ».

Dans cette série, menée avec le talent et la verve qui caractérisent l’auteur, le lecteur va vivre « des enquêtes totalement folles menées par un inspecteur certes doué, mais uniquement lorsqu’il est ivre ! »

Tout comme l’enquête, le personnage de Poivrot est caricatural. Cynique. Grotesque. Détestable. Insupportable parfois. Mais doué ! Sébastien Chevrey tourne ici en dérision le genre de l’enquête policière tout entier, quelle qu’en soit la forme : nouvelle, roman, série télévisée… en créant une nouvelle catégorie : l’ironique-thriller. Tout le monde en prend pour son grade : la justice, les médias, Dan Brown et les auteurs à succès… C’est totalement jouissif. Et on en redemande. L’humour de l’auteur est certes parfois navrant (c’est lui-même qui le dit, car en plus de se moquer des autres, il se moque aussi de lui-même, ce qui le rend encore plus sympathique à mes yeux), jugez donc sur ce simple exemple : l’assistant de l’inspecteur Poivrot se nomme… Sherlock ! Mais du début à la fin du livre, on a le sourire au coin des lèvres, et la distance que prend l’auteur avec sa propre histoire au fur et à mesure qu’elle se déroule est absolument géniale.

On veut en lire d’autres (enquêtes), et ça tombe bien, il y en a déjà 4, et il y en aura encore plus, car l’auteur prévoit d’en publier une par mois !

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Sébastien Chevrey – Le Livre Parfait

LivreParfaitLa semaine dernière je suis tombée un peu par hasard sur ce livre qui était temporairement gratuit sur amazon. Il est aujourd’hui à 1€29, et je vous encourage chaudement à l’acheter : je peux vous certifier que vous passerez un bon moment, ce livre est tout simplement jubilatoire !

De quoi s’agit-il ? Rien de moins que du « Livre Parfait », avec des majuscules, s’il vous plaît ! Voici un extrait de la présentation de l’auteur :

« Un auteur vient de terminer le manuscrit du Livre Parfait […]. Il devrait être heureux, pourtant sa vie va se transformer en cauchemar. Une organisation puissante le poursuit, n’hésitant pas à semer la mort. »

Avec une parfaite maîtrise du suspense, avec un sens de l’humour à toute épreuve, Sébastien Chevrey nous entraîne dans une aventure au rythme haletant, et en profite pour faire une critique du monde de l’édition aujourd’hui. Un monde en pleine mutation, dans lequel il n’est pas toujours facile de savoir qui a raison et qui a tord, qui est le « méchant » et qui est le « gentil »…

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Mathilde Chabot – De mots en mains

de-mots-en-mains-427985-250-400Dès les premières pages le ton est donné. Dans l’introduction, la mise en page est géniale et porte autant de sens que le contenu. Ensuite, même si les mots reprennent une place plus habituelle, ils ont une saveur toute particulière. Les choses s’animent sous les surnoms que leur donne un étrange narrateur. Un bon exemple valant mieux qu’un long discours, voici un extrait du quatrième chapitre :

« Je te vois. Tu approches. Tu soulèves les Gros-Pavés. Je respire. Tu les jauges. Je ne respire plus…

Tu remets tous les Gros-Pavés en place… Retour à la case départ. Tu pars. Je crois que tu pars. Mais tu restes. Tu me prends. Tu me remets en place. Tu hésites. Je suis le seul Petit-Livre de la pile, sûrement ai-je l’air plus alléchant, tu as l’air fatigué ! »

Deuxième opus de la jeune écrivaine Mathilde Chabot, De mots en mains, malgré la présence de quelques rares coquilles et petites maladresses qui se font vite oublier, malgré quelques longueurs aussi, est un livre tout à fait prometteur. L’auteure (ou devrais-je dire l’AuteurE ?) ne manque pas d’idées, sait les exploiter, sait jouer avec les mots et susciter des réflexions intéressantes (même si je ne suis pas toujours d’accord avec elle !). Les différents thèmes abordés sont liés au livre aujourd’hui : l’auto-édition et les imperfections des livres auto-publiés, l’opposition entre livre papier et livre numérique, le principe des « Livres-Voyageurs » (FreeBooks)…

Bref, un moment de lecture bien agréable avec ce petit roman qui sort de l’ordinaire, et une auteure à suivre de près !

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David Gaughran – Si tu vas dans les bois

if-you-go-into-the-woods-by-david-gaughranSi tu vas dans les bois est un recueil contenant deux nouvelles teintées de fantastique.

Dans la première, Jiri est attiré par la forêt voisine et les mystérieux oiseaux qui y habitent. Avec un sens certain du suspense, l’auteur nous tient en haleine jusqu’au bout dans un univers mystérieux et inquiétant. D’habitude le fantastique n’est pas ma tasse de thé, mais j’ai apprécié la lecture facile de ce court récit. On peut cependant lui reprocher une chute un peu maladroite, qui aurait pu être amenée de façon plus subtile à mon sens. À moins que ce ne soit un effet de la traduction ? Il faudra que je lise le livre en anglais à l’occasion…

L’autre nouvelle, le bouton de réinitialisation, est située à Stockholm, au cœur de l’hiver. « Linus Eriksson, un divorcé vivant seul dans un studio, a un problème de mémoire : ce n’est pas lui qui ne se souvient de personne, ce sont les autres qui ne peuvent que l’oublier. » Cette description de l’éditeur est alléchante… malheureusement des incohérences empêchent le lecteur d’adhérer vraiment à l’histoire : si tout le monde l’a oublié, pourquoi son ex-femme se souvient-elle de lui ? Et si lui-même n’a pas perdu la mémoire, comment a-t-il pu oublier le rendez-vous avec son fils, alors même qu’il semble se plaindre de ne pas le voir assez ? C’est dommage, car je trouve qu’il y avait dans ce scénario un potentiel que l’auteur n’a pas su exploiter pleinement.

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Hervé Heurtebise – Journal d’un proctologue et autres nouvelles

journal-d-un-proctologue-et-autres-nouvelles-3952083Décalé. C’est le premier mot qui vient à l’esprit à la vue du titre étonnant de ce recueil de 3 nouvelles. Dans la première d’entre elles, Journal d’un proctologue, la lecture des premières pages confirme avec bonheur cette première impression. Extrait :

On devient proctologue par hasard, je ne connais pas un enfant qui voudrait le devenir une fois devenu adulte. J’imagine d’ici la scène du bambin annonçant à ses parents :
« Moi, quand je serai grand, je veux être proctologue !
— Tu veux être quoi ? ! ?
— J’veux être proctologue, j’veux que les gens s’agenouillent devant moi et moi, je leur mettrai des doigts dans le trou des fesses ! »

Mais si l’humour est présent tout au long du livre, il est tour à tour léger, moqueur, cynique voir carrément noir dans les épreuves les plus rudes. Et cet humour, très agréable à la lecture, sait aussi se mettre au service de thématiques fort sérieuses : la peur de vieillir, les désillusions du mariage, l’amour malgré tout, l’amitié, la maladie, la mort. Cependant, pour le narrateur, deux choses sont au-dessus de tout cela : sa fille et ses patients. Là, le ton se fait plus tendre, et le personnage qui peut parfois apparaitre comme « blasé, cynique et drôle » retrouve alors toute son humanité.

L’écriture est toujours souple et fluide, fine et incisive, et la forme du journal permet à l’auteur de varier habilement la longueur des anecdotes et des réflexions. Certains diront que certaines digressions font perdre le fil, je les trouve quant à moi tout à fait savoureuses ! À la première lecture de ce livre il y a quelques mois, je m’étais simplement posée la question de la nécessité de la deuxième partie, intitulée « Journal d’hospitalisation ». À la relecture, je la trouve finalement absolument indispensable, par la profondeur qu’elle apporte à la nouvelle : au bout du compte, lorsque nous sommes rattrapés par notre propre condition, que reste-t-il sinon l’amour et l’amitié ?

Le sport

« Franchement, le sport ça ne sert à rien, sauf à ne pas être essoufflé dans les déménagements. » Dans une société où les vertus positives du sport sont communément admises, le point de vue d’un sous-doué à qui arrivent tous les malheurs du monde. D’abord drôle, ensuite grinçant, finalement triste, ça m’a rappelé la fois où j’ai cassé mes lunettes au cheval d’arçon au collège… Heureusement que mes déboires se sont arrêtés là ! Et depuis, je porte des lentilles, c’est moins risqué 😉

Journal d’une Éreutophobe

J’ai volontairement repris ici le sous-titre de la troisième nouvelle. Éreutophobe ? Kesako ? Ce court récit est l’occasion de découvrir le sens de ce mot au travers d’une histoire touchante qui commence mal mais finit bien !

Une fois qu’on a découvert cet auteur talentueux, on en redemande ! Mais il va falloir faire preuve d’un peu de patience : ses prochaines publications sont prévues en novembre 2014, avec une participation à un recueil de nouvelles collaboratif (éditions Hélène Jacob), puis début 2016 pour un prochain ouvrage.

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